L’Ukraine, le Soudan et la Russie, un
imbroglio géopolitique mouvant
Le 15 avril 2023, les Forces de Soutien Rapide (FSR), puissante milice paramilitaire dirigée par Mohamed Hamdan Daglo dit « Hemetti » ont tenté de prendre le pouvoir par la force au Soudan. Mais l’armée Soudanaise, qui dirigeait le pays (avec les FSR) depuis le coup d’état de 2021 ne se laisse pas faire et résiste. Débute alors un conflit fratricide peu médiatisé entre deux forces concurrentes de puissance similaire. Initialement appelée « la guerre des généraux » entre Hemetti et Burhan, c’est finalement une guerre civile ethnique qui s’installe, prenant au piège les civils Soudanais.
Plusieurs puissances régionales vont s’impliquer directement ou indirectement pour armer les deux camps, mais aussi pour mener une guerre interposée au Soudan. C’est le cas de l’Ukraine qui s’implique officiellement à partir de septembre 2023. Méconnu, l’engagement ukrainien s’inscrit dans le cadre d’une politique africaine bien rodée, mais en avril 2024, Moscou change de camp et chamboule les alliances au Soudan.
L’alliance entre les FSR et la Russie, dans le cadre général d’un rapprochement Russie-Soudan
Le 23 février 2022, le général Mohamed Hamdan Daglo, chef des FSR, était en visite officielle à Moscou, à la veille de l’invasion russe de l’Ukraine. Lors de cette visite, il a déclaré : « la Russie a le droit d’agir dans l’intérêt de ses citoyens et de protéger son peuple. Elle a ce droit en vertu de la Constitution et de la loi. Le monde entier doit comprendre qu’il a le droit de défendre son peuple ». Dès le lendemain, la diplomatie Soudanaise s’est empressée de réfuter les termes, arguant une phrase hors contexte : « les déclarations du vice-président du Conseil souverain ne représentent pas le Soudan et le peuple soudanais, et n’expriment pas leur vision de la politique étrangère et des relations internationales qui unissent le Soudan à ses amis et partenaires internationaux et régionaux. » Pour l’Ukraine, ces déclarations ne sont pas passées inaperçues. Le 3 mars 2022, Khartoum refuse de condamner l’invasion russe lors du vote à l’Assemblée Générale de l’ONU. Un journal Soudanais, « Sudan Tribune » rapporte la déclaration de Abdel Jabbar, porte-parole du conseil de transition Soudanais : « Le Soudan appelle à une solution diplomatique pour mettre fin à la crise et soutient les efforts en cours entre les deux pays ». Des manifestations spontanées de soutiens à l’Ukraine éclatent à Khartoum quelques jours plus tard, rassemblant notamment les leaders de la Révolution Soudanaise qui a débuté en 2019.

A Khartoum, capitale du Soudan, la concurrence entre les Forces de Soutien Rapide (FSR) et les Forces Armées Soudanaises (SAF) se fait forte. Les FSR sont proches de la Russie depuis plusieurs années, notamment à travers la société militaire privée Wagner, proche du pouvoir russe. Depuis 2017, la Russie via le groupe Wagner exploite les mines d’or de Meroe au centre du pays. Des membres de la famille du général Hemetti sont directement impliqués dans l’entreprise Meroe Gold. En contrepartie de l’exploitation des ressources Soudanaises, la Russie arme et forme l’armée, elle prévoit même l’ouverture d’un point d’appui naval sur la côte de la mer Rouge à Port-Soudan. C’est une analyse vidéo du Monde avec l’OCCRP qui a révélé l’exploitation de l’or du Soudan par le groupe Wagner grâce à la médiation des FSR . Il faut savoir que le groupe Wagner dispose déjà d’un accès privilégié à plusieurs pays voisins du Soudan. Ainsi, en Libye, le groupe est directement impliqué auprès du général Haftar et en République Centrafricaine, c’est auprès du président Touadéra qu’il sert de garde rapproché.
Cependant, avec la reprise en main progressive du groupe Wagner par Moscou depuis juin 2023, la Russie pourrait s’éloigner des Forces de Soutien Rapide et se retrouver… dans le même camp que l’Ukraine.
Les prémices d’une alliance entre le Soudan et l’Ukraine
Historiquement, les deux pays ont ouvert le chapitre de leurs relations en 2002, c’est surtout à partir des années 2010 que l’Ukraine s’implique plus amplement. Dans le cadre de sa stratégie Africaine méconnue, Kyiv vend des armes provenant de son immense parc soviétique au Soudan. Entre 100 et 160 chars T72-AV seront vendus au Soudan par Kyiv sur une période de 10 ans, entre 2012 et 2022, sans précisions.
La politique Africaine de l’Ukraine ne se résume pas à la vente d’armements, il y a aussi la politique agricole. L’Ukraine est ainsi le principal fournisseur de blé au Soudan, 70% du blé soudanais provient d’Ukraine, l’invasion de l’Ukraine a donc durablement impacté la sécurité alimentaire du Soudan. Depuis deux ans, Kyiv multiplie les initiatives de livraison de grain via le corridor de la mer Noire en direction du Soudan, confronté à une famine qui menace la moitié de sa population, c’est donc également un rôle humanitaire que l’Ukraine tente de jouer.

Une première opération Ukrainienne au Soudan vise à évacuer les ressortissants du pays lors de l’éclatement des combats, le 15 avril 2023. Comme la France lors de l’opération Sagittaire, Le renseignement externe ukrainien, le GUR va mettre en place une évacuation sécurisée pour les travailleurs ukrainiens du Soudan. En utilisant des bus, 138 civils, Ukrainiens (93), Géorgiens, Canadiens, Péruviens et de Saint Christophe et Nevis ont été évacués du Soudan. Le GUR évoque « une opération unique menée par les services de renseignements ukrainiens, dont nous ne pouvons pas encore dévoiler les détails. La seule chose que nous pouvons dire, c’est que cette opération a été plus difficile que celle menée en Afghanistan ».
Le soutien discret de Khartoum à l’Ukraine en 2022

Dès les premiers mois de la guerre, l’armée ukrainienne va utiliser des armes fabriquées ou fournies par le Soudan contre la Russie. D’après le « Sudan Plus », journal soudanais, sur une période de 3 mois entre le 31 mars 2022 et le 7 juin 2022, deux Boeing 737 d’Ukraine International Airline reconfigurés en avions cargos ont fait le trajet entre la base aérienne de Rzeszow en Pologne et Khartoum au Soudan. Ces avions venaient récupérer des armes azerbaïdjanaises récemment vendues au Soudan. Face à la pénurie de munitions soviétiques dans les premiers mois de la guerre, Kyiv a cherché à se fournir ailleurs, y compris au Soudan. Dans le même temps, une compagnie aérienne Soudanaise « Green Flag Aviation » exploitait « 9 vols » entre Khartoum et Bakou. Il est donc très probable que l’Azerbaïdjan livrait des armes à l’Ukraine via des moyens détournés pour ne pas provoquer l’ire de son voisin russe. Ainsi, le 3 août 2023, la 24ème brigade mécanisée de l’armée ukrainienne publie des images de ses forces. Sur l’une d’elles, un obus de mortier Soudanais de 120 mm est utilisé par un soldat ukrainien. Le 14 décembre 2022, le compte d’OSINT, @UAWeapons publie des images d’obus de 120 mm Soudanais et de caisses de munitions utilisées en Ukraine. D’autres vidéos et photos publiées en Ukraine montrent également des obus Iraniens, Nord-Coréens ou Azerbaïdjanais qui proviennent ou transitent pour certains des stocks de l’armée Soudanaise.
La libération du général Al Burhan, un déclencheur
Le chef d’état-major de l’armée Soudanaise, le général Al Burhan était encerclé dans la base du commandement général de l’armée entre avril et août 2024. Il est fort possible que les membres du GUR Ukrainien aient agit pour le libérer (probablement sur le Nil, l’unité étant spécialisée dans les opérations fluviales, étant celle qui avait débarqué en Crimée quelques mois plus tôt).
Dès qu’il retrouve sa liberté, Al Burhan débute une série de voyages à l’international, avec une présence à l’Assemblée générale des Nations Unies à New York en septembre 2023. Au retour de New York, l’avion du président/général Soudanais s’est posé à Dublin en Irlande, tout comme celui du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Une entrevue entre les deux hommes a été organisée dans l’aéroport. Un cliché unique, pris à la hâte montre les deux hommes en plein échange. Sans doute, Zelensky a remercié Burhan pour l’aide matérielle contre la Russie et ils ont échangé sur un soutien militaire de l’Ukraine à Khartoum, que ce soit dans la formation des pilotes Soudanais où dans l’éliminations des quelques membres de Wagner au Soudan.

Al Burhan aurait de son côté remercié le président Zelensky pour l’aide ukrainienne lors de son évasion. Ces propos ont été rapportés par les journalistes du Wall Street Journal (WSJ) qui ont, en mars 2024, interrogé certains agents des services de renseignement ukrainiens et des militaires soudanais. Ils ont découvert que le dirigeant soudanais avait pu assister à la rencontre avec Zelensky, notamment grâce aux actions à Khartoum d’une unité spéciale du GUR du ministère de la Défense, dirigée par un officier du renseignement avec l’indicatif d’appel « Timur ». Des combattants ukrainiens seraient arrivés au Soudan en août 2023 et auraient aidé al-Burhan à sortir du siège de la capitale du pays, Khartoum. Les deux chefs d’états ont probablement mis au point un plan de communication visant à promouvoir la présence de quelques membres des forces spéciales du GUR ukrainien au Soudan.
La révélation de la présence du GUR à Omdourman
Le 19 septembre 2023, la chaine américaine CNN publie les premières images de présumées forces ukrainiennes déployées dans la ville jumelle de Khartoum, Omdourman, située sur la rive ouest du Nil Blanc. La première vidéo montre une image en vision thermique d’un soldat présumément ukrainien. Ensuite, d’autres vidéos suivent, montrant des frappes de drones sur des positions des FSR à Omdourman et sur le pont Shambat. Sur les différentes vidéos postées, nous voyons des frappes sur des véhicules en mouvement à Omdourman et Ombada (ville à l’ouest).
Pourtant, rien ne pouvait confirmer que les troupes engagées étaient bien ukrainiennes, à part leur manière de faire : les drones FPV (First Person View) kamikazes. Le titre de l’article : « Exclusif : les services spéciaux ukrainiens sont « probablement » derrière les frappes contre les forces soutenues par Wagner au Soudan, selon une source militaire ukrainienne » reste assez flou. Volontairement, c’est le terme « Wagner backed » qui est choisi pour évoquer les FSR. Or, il n’y a eu que des preuves minimes de l’implication de Wagner dans la guerre au Soudan. Les soldats du groupe Wagner n’ont fait que de rares apparitions et cherchent surtout à conserver leurs missions de prospect de l’or Soudanais. Mais derrière Wagner, ce sont aussi les Emirats-Arabes-Unis qui sont directement impliqués dans la livraison et le financement des FSR. Wagner et les Emirats utilisent le Tchad, la Libye et la République Centrafricaine pour fournir les FSR. Plusieurs preuves de l’utilisation d’Il 76 russes pour fournir les FSR ont été collectées via des images satellites les mois précédents l’entrée en action des forces spéciales du GUR.
Début octobre 2023, une nouvelle vague de vidéos publiées sur les réseaux sociaux ukrainiens montre cette fois une présence avérée des forces spéciales ukrainiennes du GUR à Omdourman. Dans les jours qui suivent, l’agence américaine Bellingcat géolocalise ces vidéos. La première montre un sniper, présumément ukrainien, la deuxième une équipe de 4 tireurs et la dernière plusieurs frappes de drones contre des cibles des FSR à Omdourman. Toute ces vidéos sont tournées autour d’un même repère géographique les montagnes d’Al Markhiyat qui dominent la ville d’Omdourman et au loin celle de Khartoum. En novembre 2023, deux nouvelles vidéos obtenues par le Kyiv Post, quotidien anglophone d’Ukraine montrent d’autres images des combats. Cette fois-ci, les soldats du GUR sont directement impliqués sur le sol et mènent des attaques contre des positions des FSR.
La présence avérée du groupe Wagner
En janvier et en février 2024, l’armée soudanais lance sa première offensive de la guerre pour libérer de l’encerclement le corps médical au centre de la ville d’Omdourman. L’offensive permet de percer les lignes des FSR et de nombreux soldats sont capturés. Il est très probable que les forces spéciales du GUR opérant de nuit aient pu participer à l’attaque.
Le 6 février 2024, le Kyiv Post publie de nouvelles vidéos d’un interrogatoire de soldats des FSR et de Wagner capturés. Le soldat du GUR ukrainien demande à quelle unité fait partie l’homme blanc fait prisonnier, celui-ci répond « PMC Wagner ». Il ajoute qu’il a fait le trajet depuis la République Centrafricaine et qu’il a pour mission d’aider à faire tomber le gouvernement en place. Dans la suite de l’interrogatoire, le mercenaire assure que 100 hommes de Wagner sont déployés avec lui au Soudan. Quelques semaines plus tard, la chaine de télévision Française LCI obtient des images du GUR montrant une unité d’une dizaine d’hommes opérant à Omdourman. Cette unité a pour mission d’infiltrer les lignes ennemies, de former les troupes de l’armée et d’utiliser leur savoir-faire avec les drones.
En tout, on compterait quelques dizaines de forces spéciales tout au plus, avec une intense campagne de communication visant Wagner, difficile de savoir si ces hommes sont toujours au Soudan, notamment face à l’absence de communication depuis 8 mois.
Coup de tonnerre, la Russie change de camps
Dès 2018, la Russie de Vladimir Poutine s’implique au Soudan auprès d’Omar El Bechir puis d’Abdel Fatah Al Burhan pour obtenir une base navale à Port Soudan sur la mer Rouge. Cependant, lorsque le conflit éclate, Moscou choisit de soutenir Hemetti qui leur a déjà témoigné d’un soutien. Mais en juin 2023, lorsque le groupe Wagner mène son expédition vers Moscou, le Kremlin reprend la main sur ses opérations. Au Soudan, la Russie dispose d’intérêts doubles. D’un côté elle a besoin d’exploiter l’or Soudanais pour financer le groupe Wagner et de l’autre elle a besoin d’un point d’appui sur la Mer Rouge. Avec le temps, et malgré la proximité affichée entre l’Ukraine et les SAF, Moscou a modifié sa position, notamment dans le cadre d’un alignement sur la politique Iranienne.
Le 29 avril 2024, Mikhail Bogdanov, vice-ministre des affaires étrangères russe s’est rendu à Port Soudan, capitale de facto du pouvoir légitime soudanais. Cette visite est passée inaperçu pour beaucoup, pourtant, c’est une rupture totale avec la stratégie d’Evgueni Prigojine qui était proche des FSR. Entre temps, l’armée a gagné un poids politique et militaire lui faisant entrevoir une éventuelle victoire militaire. La délégation de Bogdanov a proposé « une aide militaire qualitative sans restriction » à l’armée Soudanaise. Cette déclaration intervient deux jours seulement après une rencontre avec le vice-ministre des affaires étrangères Iranienne dans l’objectif de s’aligner sur les positions de Téhéran. Une source proche de la visite de la délégation russe a déclaré à Mada Masr que les discussions de Bogdanov ont ensuite porté sur la base navale russe sur la mer Rouge et les conditions fixées par les deux parties avant la mise en œuvre. Moscou a exigé que le Soudan cesse ses relations avec l’Ukraine, lui attribue des zones minières et commence la construction de la base de Port Soudan, a déclaré la source. D’autre part, le gouvernement soudanais a demandé que le groupe militaire russe Wagner ne s’engage pas avec les RSF et que les forces armées soudanaises soient approvisionnées en munitions et en armes. Selon la source, chaque partie s’est engagée à mettre en œuvre les conditions posées par l’autre partie.
Un mois plus tard, Yasir Al-Atta, membre du conseil de souveraineté soudanaise et haut gradé dans l’armée s’est rendu à Moscou où il a déclaré : « La Russie a proposé une coopération militaire par le biais d’un centre d’approvisionnement logistique, et non d’une base militaire complète, en échange de fournitures urgentes d’armes et de munitions. » Al-Atta a également déclaré que le Soudan était également ouvert à des offres du même type pour d’autres pays, l’Arabie Saoudite, l’Egypte ou les Etats-Unis pour faire de Port Soudan une sorte de Djibouti bis.
La Russie arme les deux camps au Soudan ?
Le 21 octobre 2024, un avion de transport Il-76 anciennement opéré par la compagnie kirghize « New Air Cargo » (EX-76011) a été abattu par les Forces de Soutien Rapide au nord de la ville d’El Fasher. Ce même avion a réalisé une série d’allers retours entre Abu Dhabi aux Emirats-Arabes-Unis et la base aérienne d’Amdjarass au Tchad en 2023. Mais par la suite, l’avion ne semble pas avoir effectué de nouvelles missions depuis les Emirats. Au contraire, celui-ci va même atterrir à Port Soudan en décembre 2023, une ville sous le contrôle de l’armée soudanaise. D’après la BBC, les membres d’équipages provenaient du Soudan et de Russie. Sur place, des roubles, des permis de conduire sud-africains et une carte d’identification de l’aéroport de Manas au Kirghizistan ont été identifiés. L’agence Kirghize « Kabar news » citant le ministre des affaires étrangères du pays a déclaré que l’avion n’était plus enregistré au Kirghizistan depuis janvier 2024 et qu’il est désormais enregistré au Soudan. L’avion avait été enregistré pour la dernière fois à Port Soudan le 9 octobre 2024, aéroport où il est apparu plusieurs fois dans les derniers mois. Il est donc très probable que les Forces de Soutien Rapide n’ont pas abattu par erreur un avion Emiratis, mais volontairement un avion opéré par l’armée avec des instructeurs Russes. La mission de celui-ci était probablement de ravitailler la ville d’El Fasher, encerclée depuis plusieurs mois dans le Darfour septentrional.
L'engagement Russo-Ukrainien au Soudan, un autre front militaire et diplomatique
Au Soudan Kyiv joue sa future politique Africaine. Le pays a déjà annoncé l’ouverture de nombreuses nouvelles ambassades en Afrique et entend concurrencer Moscou et Wagner, notamment au Soudan et au Mali. L’Afrique, c’est la destination par excellence des exportations d’armes et de céréales ukrainiennes, mais c’est aussi un terrain d’investissement pour les entreprises du pays. Le Soudan est un avant poste de cette nouvelle stratégie. Pour la Russie, le Soudan pourrait lui rapporter gros. L’éventuelle base navale à Port Soudan sur la mer rouge et l’utilisation de l’or Soudanais sont des facteurs qu’il ne faut pas négliger dans la politique africaine de la Russie. Le changement récent de camps est à comparer avec la politique de nombreuses puissances qui refusent de choisir entre FSR et SAF ou qui le font de manière discrète, pour ne pas prendre de risques avec les potentiels futurs leaders du pays.
Ces dernières semaines, le vent tourne, le rapprochement entre l’armée et ses nouveaux alliés, Iran et Qatar en tête, ainsi que les alliances locales avec les factions jusqu’ici neutres ouvrent la porte vers la libération du pays. La prise de Jebel Moya et l’offensive du Sennar depuis septembre 2024, l’offensive de Khartoum avec la traversée du Nil à Khartoum et Bahri et l’offensive du Nord-Darfour montrent que l’armée a rattrapé son retard et qu’elle peut désormais mener des offensives, jusqu’à une éventuelle libération du pays, dévasté par les FSR.
L’engagement croissant de puissances régionales et la concurrence Ukraine-Russie sur le sujet, couplés à l’offensive générale de l’armée feront peut-être prendre conscience qu’un terrible conflit est en cours dans cet immense pays d’Afrique de l’Est et que des massacres sont commis tous les jours, principalement par les FSR.
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