Pas de répit dans la guerre en Ukraine 🇺🇦

Alors que la Russie 🇷🇺 progresse partout, à Koursk, dans le Donbass et se prépare dans le sud; la politique nationale et la diplomatie rattrapent l’Ukraine. Qui gagne sur le champ de bataille ? Faut-il négocier ?

L’automne ukrainien n’est pas sans répits. L’armée ukrainienne, acculée sur plusieurs fronts, n’est plus en capacité de maintenir un contrôle complet sur celui-ci. L’élection de Donald Trump, qui réserve un avenir incertain à l’aide militaire à Kiev est un coup en plus.

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Sur le plan politique, la mobilisation est difficile et contestée.
Beaucoup de jeunes ukrainiens, une génération peu nombreuse, ne souhaitent pas aller mourir pour l’est.
Beaucoup ont peur de rejoindre des unités incompétentes de par leur commandement ou leur armement.

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Sur le plan diplomatique, le Plan de la Victoire ne semble pas convaincre. Si dans les mots, la plupart des alliés continuent de soutenir l’Ukraine, les livraisons d’armes s’amoindrissent un peu.

Aujourd’hui, Zelensky était au sommet de la CPE à Budapest.

Le volet militaire, le 3ème de ce que j’appelle les « 3 paramètres majeur » à prendre en compte (on parle du volet de politique intérieur, qui intègre l’économie, les ressources, la popularité…/le volet diplomatique et le volet militaire, sur le plan tactique et stratégique.

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Sur le plan des frappes en profondeur : la cadence des deux côtés s’est ralentie.
Sur le plan naval : aucun changement, frappe ukrainienne sur la flottille de la mer Caspienne.
Sur l’arrière du front, RAS de majeur : fortifications ukrainiennes en cours à plusieurs endroits.

Kherson :

Je peux résumer la situation rapidement, les deux armées poursuivent à une petite échelle les opérations sur le Dniepr, l’armée russe bombarde lourdement la rive droite et Kherson (nombreux civils tués). Les deux camps se fortifient.

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Front sud-Zaporizhia :

L’armée russe se prépare à lancer une grande offensive pendant que l’armée ukrainienne fortifie la ville de Zaporizhia.

-> légère progression russe à Orikhiv
-> légère progression russe à Velika Novosilka
-> remeurs sur Houlialpole

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Front sud-est (ex Vouhledar) :

Poursuivant sa progression vers le nord, l’armée russe renforce sa logistique et s’approche un peu plus de la route Zaporizhia-Donetsk à 9km.

Pas de perspective d’arrêt de l’offensive russe au sud d’Andriivka (pas de ligne de défense).

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Donetsk (obl.) sud-est (Kourakhove) :

Poursuite des offensives mécanisées vers la ville de Kourakhove, pertes importantes, ce qui explique l’effort mis pour éviter les combats dans la ville).

Progression vers Uspenivka venant du sud et de l’est (frappes aériennes).

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Donetsk (obl.) sud-est (Selydove) :

A l’ouest de la ville de Selydove, l’armée russe poursuit sa progression en s’emparant de Novooleksiivka. Des renforts ukrainiens sont arrivés et vont tenter de stopper l’armée russe entre Shevchenko et Sontsivka. (Léopard 1, 5ème de chars).

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Front de Pokrovsk (sud-donestk) :
Pas de nouvelles offensives russes en direction de la ville et sur tout le front menant à Toretsk. L’armée russe tente de contourner Pokrovsk par le sud, comme énoncé juste avant. L’armée ukrainienne améliore ses lignes au sud et à l’ouest.

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Front de Toretsk-Tchasiv Yar (centre-donetsk) :

Pas de changements sur la ligne de front, l’armée russe maintien sa pression dans la ville de Toretsk avec des combats urbains qui continuent. L’armée russe tente toujours de déborder les lignes à l’ouest de Niu York.

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Front de Siversk-Lyman (nord-donetsk) :

Pas de changements sur la ligne de front à l’exception d’un léger progrès russe à Terny. Siversk et Lyman sont deux villes qui fonctionnent ensemble et paraissent très bien défendues.

Leurs défenses sont (normalement) prêtes depuis 2 ans.

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Front de Kharkiv-Louhansk (nord-est) :

L’entrée russe dans Pershotravneve, village situé en hauteur à l’est de Borova ouvre la voie vers une progression du même type que celle de Pishchanne. L’armée russe tente aussi de progresser au nord de Koupiansk.

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Front nord (Kharkiv-Tchernihiv / hors Koursk) :

RAS sur la ligne de contact (et de front à Kharkiv). Les combats urbains se poursuivent dans la petite ville de Vovchansk, mettant en lumière une guerre d’attrition dans la ville.

Quelques bombardements le long de la frontière.

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Front de Koursk :

D’après @OSINTua, soldat ukrainien en position à Koursk, l’armée russe a lancé aujourd’hui une grande offensive sur plusieurs axes.

D’après lui, il y a eu une rotation des russes il y a quelques jours, la 810ème BiMa 🇷🇺 a aussi reçu 40 nouveaux BTR-80.

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D’après celui-ci, cette attaque a eu lieu dans la direction de Malaya Loknya, au nord et à l’ouest du flanc de Koursk.

Nous attendrons un peu pour parler des pertes.

Par ailleurs, le dernier décompte des pertes à Koursk (31 octobre dernier) parlait de 287 (+36 nouvelles) pertes ukrainiennes 🇺🇦 contre 249 (+68 nouvelles) pertes russes.

Cela se voit dans les nombreuses images de blindés russes détruits depuis 1 mois et demi.

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A Koursk, les deux camps poursuivent leurs attaques. L’armée ukrainienne lance régulièrement des Bradley à la conquête de haies perdues, l’armée russe continue sa politique de frappes massives clairsemée d’assauts mécanisés.

Nous sommes désormais face à un constat clair, la situation tactique sur le front ukrainien est mauvaise, voire très mauvaise dans certaines zones. On ne voit pas de percées rapides et profondes, mais l’armée ukrainienne est incapable de tenir une ligne là ou la Russie attaque. Personne se disant crédible peut cependant parler d’effondrement ukrainien ou d’une issue « prévue ». Que l’Ukraine ne parvienne pas à maintenir un contrôle strict sur certaines parties du front quand la Russie est à l’offensive ne signifie pas qu’elle ne tient pas ailleurs. Derrière les notions tactiques que j’emploie régulièrement, il ne faut pas oublier que nous parlons de quelques dizaines de km2.

La Russie a perdu son pari de soumission de l’Ukraine et de retour de l’Eurasie dans son sillage. Mais elle n’a pas perdu la guerre de l’est. D’immenses villes ukrainiennes demeurent en liberté, Kyiv, Kharkiv, Zaporizhia, Dnipro, Odessa… Les deux camps ont subi des pertes considérables. L’arrivée de Trump ouvre peut-être le temps des négociations.

Mais personne ne veut de Minsk 3. Personne (Europe + Ukraine sauf ceux qui sont naïfs) ne veut de cessez le feu, nous savons que la Russie se préparera pour attaquer de nouveau. Parce que sans l’Ukraine, la Russie n’est plus un Empire, une puissance mondiale, la Russie est réduite à une puissance moyenne, digne de la France, économiquement moins importante que l’Italie. La Russie aujourd’hui, c’est une armée, une diplomatie et des ressources. Rien d’autre.

Le sujet des concessions territoriales sera au cœur du débat politique ukrainien. Des élections doivent elles se tenir avant ? Pourquoi avoir fait la guerre pendant 3 ans si un simple échange de territoire a lieu? l’Europe aura-t-elle échoué dans son soutien à l’Ukraine ? L’Ukraine peut-être se permettre de perdre le Donbass et la Crimée qui auraient été au cœur de son développement vers la prospérité économique ?

Toutes ces questions restent en suspens. A Kyiv jusque là, personne ne veut entendre parler de concessions territoriales. La Russie a eu tord de violer un principe fondateur de la fin de la 2nd guerre mondiale, l’inviolabilité des frontières.

Mais dans la géopolitique, c’est le plus fort et le plus résilient qui gagne…Image

Mélanger tactique, stratégie, politique et diplomatie est un périlleux exercice. J’essaie dans ce thread de faire un tour d’horizon au lendemain des élections américaines.

Clément Molin

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